Comment le logiciel libre est devenu une ressource extractible — et ce que ça a fait aux personnes qui écrivent du code
Une série en quatre volets — La chaîne d’approvisionnement logicielle, des années 1990 à l’ère générative
Cette série trace un arc de trente ans : de la naissance du logiciel libre comme projet politique à l’entraînement des modèles d’IA sur les communs que ce mouvement avait construits. Trois ères. Un prélude. Un arc complet.
L’ère 1 a recadré le vocabulaire de la liberté en vocabulaire d’efficacité, rendant l’extraction culturellement acceptable. L’ère 2 a normalisé la construction d’empires commerciaux sur des communs non financés. L’ère 3 a franchi le dernier pas : le code produit dans les communs est devenu matière première pour commodifier l’acte même d’écrire du code — menaçant les personnes dont le travail a nourri le modèle.
Le schéma est celui de toutes les enclosures : des communs productifs, appropriés par des acteurs privés qui en extraient la valeur tout en externalisant les coûts sur ceux qui les avaient construits.
Ère 1 — Avant les plateformes — Des années 1990 à 2010. Comment le mouvement du logiciel libre — né comme projet politique de liberté — a été recadré pour rendre l’extraction acceptable. L’invention du terme « open source », le premier investissement d’IBM dans Linux, et les cinq mécanismes qui ont rendu l’ère suivante possible.
Ère 2 — L’ère de l’assemblage — Des années 2010 à 2022. Comment l’extraction de valeur à partir des communs logiciels est devenue invisible. left-pad, Log4Shell, la guerre des licences entre AWS et Elastic, et la naissance du développeur-assembleur dont la productivité remplace la maîtrise.
Ère 3 — L’ère générative — De 2022 à aujourd’hui. Comment l’IA a achevé l’arc d’extraction — en transformant les communs logiciels en matière première pour commodifier le travail même qui les avait construits. Le procès Copilot, l’effondrement de l’emploi junior, et la double extraction qui frappe le Sud global.
Le prélude et l’après — Avant que la question ne se pose, et après que l’arc se referme. Une conversation entre deux voix — le crépuscule (celui qui a traversé les trois ères) et l’aube (celui qui arrive dans un paysage dont il n’a pas choisi la forme). Prologue et épilogue de la trilogie.
Les quatre documents ensemble composent un arc complet, du laboratoire du MIT aux prompts de 2026. Chacun se tient seul, mais les quatre ensemble racontent une histoire que les parties séparées ne racontent pas.